Taiji Quan : Art martial ?

  Dans ces quelques lignes, je vais tenter une approche de la méthode du Taiji Quan, discipline largement connue et pratiquée aujourd'hui. La compréhension de la méthode du Taiji quan semble présenter un grand intérêt pour ceux qui cherchent une pratique martiale efficace durant toute la vie et, pour éviter toute forme de dérive mystique, telle qu'elle tend parfois à l'accompagner, je voudrais dès le début préciser le cadre sur lequel je reviens souvent dans mes cours à savoir celui du Taiji quan vu ou perçu comme une activité aux gestes lents et souples évoquant la sérénité.

 Le terme Taiji quan peut être traduit par « art de combat de percussion (chuan) basé sur l'intégration dynamique de deux éléments complémentaires du yin et du yang. Les particularités du Taiji quan résident dans cette définition.

 Pour atteindre l'efficacité en combat de percussion, il faut avant tout obtenir des capacités en vitesse, en force et en puissance, sans lesquelles on ne peut pas faire de combat de manière efficace. Sur ce point, il n'y a pas de mystère. Dans cette perspective, cette méthode doit avant tout permettre de cultiver au moins ces deux qualités.

 Cependant, il est bien connu que le Taiji quan s'exerce  lentement et souplement. D’où la question : « est-t-il possible de cultiver et développer des capacités en vitesse en s’exerçant lentement et des capacité en force en s’exerçant souplement ? »

 Si la réponse est non il faut en déduire que le Taiji Quan ne peut pas être une méthode efficace en art martial, ce qui n’empêche pas qu’il puisse être efficace pour la santé et le bien-être.

 Si la réponse est oui, il faut expliquer comment cela est possible. N'est-il pas extraor­dinaire de pouvoir développer des capacités en vitesse par la lenteur et des capacités en force par la souplesse ? Celui qui s'interroge sur l'efficacité du Taiji quan en tant qu'art du combat ne peut éviter cette question.

 

Dans cet esprit, on doit concevoir qu'on ait toute la vie pour perfectionner le Taiji Quan.

 

 

2018  La Voie Médiane  - mise en ligne Christophe Pothier